MANGER EN COULEURS

Ce que la couleur de nos aliments raconte vraiment

Tout est parti d’une vidéo
Rouge = cœur
Orange = peau

Jaune = énergie
Vert = santé
Violet = cerveau
Blanc = défenses immunitaires

Et devant le rouge, ma première réaction a été assez simple : Évidemment, Rouge comme le cœur.

C’était cohérent, presque évident même, pourtant, je n’y avais jamais vraiment pensé avant, puis est arrivé le violet et là, mon cerveau n’a pensé ni aux myrtilles, ni aux mûres, ni au raisin.

Il a pensé à…la betterave...

Problème : je déteste la betterave, mais si le violet était vraiment « bon pour le cerveau », il allait peut-être falloir que nous ayons, elle et moi, une petite conversation.

C’est à ce moment-là que j’ai eu envie de vérifier.

Parce qu’entre une association qui semblait parfaitement logique, rouge, cœur, et une autre qui était déjà en train de remettre de la betterave dans mon assiette, une question s’est imposée :

Est-ce vraiment aussi simple que ça ?

Avant même de connaître le mot « caroténoïde »

En réalité, les légumes sont entrés dans mon histoire bien avant que je commence à me demander ce que leur couleur pouvait raconter.

Ma mère me raconte encore que lorsque j’étais petite, suffisamment grande pour marcher, mais encore suffisamment petite pour boire au biberon, j’adorais les légumes. Elle les mixait et les mettait dans mes biberons.

La préparation était parfois tellement épaisse qu’elle devait même agrandir légèrement l’ouverture de la tétine pour que ça puisse passer.

Une sorte de smoothie de légumes avant l’heure.

Je ne saurais pas dire aujourd’hui exactement lesquels elle y mettait mais je sais une chose : chez nous, ma mère a toujours cuisiné avec les saisons, Alors les légumes changeaient probablement au fil des mois.

À l’époque, évidemment, je ne connaissais ni les anthocyanes, ni les caroténoïdes, ni les glucosinolates.

Je savais simplement que j’aimais les légumes.

Et finalement, des années plus tard, me voilà en train de chercher ce que leurs couleurs racontent.

Une couleur = un organe ?

Non

Et c’est probablement la chose la plus importante à retenir avant d’aller plus loin.

Une tomate rouge ne se dirige pas vers notre cœur.

Une myrtille violette ne réserve pas ses molécules à notre cerveau.

Et le vert n’est pas une sorte de code couleur universel signifiant « santé ».

Mais cela ne veut pas dire que les couleurs ne racontent rien.

Bien au contraire, les couleurs des végétaux proviennent notamment de différentes familles de pigments et de composés : caroténoïdes, anthocyanes, chlorophylles, flavonoïdes…

Et certains d’entre eux ont effectivement des fonctions biologiques ou font l’objet de recherches concernant leurs effets sur notre organisme.

C’est donc là que le raccourci des réseaux sociaux devient intéressant, il simplifie beaucoup trop.

Mais derrière cette simplification se cache parfois un petit morceau de vérité scientifique.

La couleur n’est pas une ordonnance.

Elle peut être un indice.

ROUGE

 vraiment pour le cœur ?

Tomates, pastèque, grenade, fraises, framboises, poivrons rouges…

Tous sont rouges..

Pourtant, ils ne doivent pas nécessairement leur couleur aux mêmes molécules et n’ont évidemment pas exactement la même composition.

Le lycopène participe par exemple à la couleur rouge de la tomate et de la pastèque. D’autres végétaux rouges, violets ou bleus contiennent des anthocyanes et c’est probablement de là que naissent certaines associations avec le cœur : différents pigments végétaux, dont les anthocyanes, sont effectivement étudiés pour leurs liens avec la santé cardiovasculaire.

Mais cela reste bien plus complexe que : rouge = cœur.

Et puis, lorsque je pense au rouge, je ne pense finalement pas à mon cœur

Je pense surtout à une pastèque

Et à mon père....

L’histoire de la meilleure pastèque

Depuis que je suis petite, mon père choisit les pastèques, au Maroc, en France, chez mes parents, chez moi...

Et choisir une pastèque avec lui n’est pas exactement une opération de trente secondes.

Il la prend dans ses mains, il la tapote, il écoute sa résonance, il recommence.

C’est un geste que je l’ai toujours vu faire, cette manière presque instinctive de chercher la bonne pastèque.

Puis vient le moment où il la trouve et c’est précisément là que se produit quelque chose dont je ne suis même plus surprise tellement je l’ai vu faire.

S’il y a quelqu’un à côté de lui qui cherche lui aussi une pastèque… mon père lui donne celle qu’il vient de choisir et il recommence ses recherches pour nous.
Les jours où il est particulièrement de bonne humeur, l’opération peut même se répéter deux ou trois fois et je trouve ça beau...

Parce que finalement, bien avant que je me demande ce que le rouge pouvait raconter scientifiquement, celui de la pastèque racontait déjà quelque chose chez moi.

Le partage.

 

ORANGE

 cette histoire de carottes

et de yeux ?

Celle-là, en revanche, je ne la connaissais absolument pas

Carotte = yeux ?

Jamais entendu, et forcément, ça m’a intriguée

Cette fois, il existe effectivement un mécanisme biologique assez facile à retrouver derrière le raccourci.

Les carottes contiennent notamment du bêta-carotène, un pigment de la famille des caroténoïdes. Notre organisme peut transformer une partie des caroténoïdes provitamine A en vitamine A, laquelle est indispensable à la vision normale. 

Donc…

carotte = yeux ?

Pas vraiment.

Mais l’histoire n’a pas été inventée de toutes pièces.

Manger des carottes ne donne pas une vision extraordinaire à quelqu’un qui dispose déjà d’un apport suffisant en vitamine A.

En revanche, comprendre pourquoi cette association existe est beaucoup plus intéressant que simplement la mémoriser.

Et c’est exactement ce que j’aime avec ce sujet.

Derrière une phrase un peu trop parfaite se cache parfois une véritable mécanique du vivant.

 

JAUNE

 la couleur de l’énergie ?

C’est probablement ici que le système commence réellement à montrer ses limites

Banane, Citron, Maïs, Ananas ... Même couleur mais des compositions très différentes

Une banane contient notamment des glucides. un citron raconte une autre histoire, le maïs encore une autre ... On ne peut donc pas attribuer à tout ce qui est jaune une mystérieuse propriété « énergie ».

Et pourtant, le jaune fait partie des couleurs que j’aime énormément retrouver dans ma cuisine.

Le maïs, notamment.

Le citron aussi,  même si, chez moi, il est très souvent vert.

Mais surtout, j’aime ce que la couleur fait à une assiette.

Parce que je crois profondément que nous commençons à manger bien avant la première bouchée.

Je choisis aussi l’assiette

Je mange beaucoup avec les yeux et pour moi, dresser une assiette ne commence pas au moment où l’on pose les aliments dessus.

Cela commence dans le placard

Une assiette ne se choisit pas au hasard...

Si je prépare quelque chose de très clair, du chou accompagné d’une crème, par exemple, une assiette noire peut complètement transformer le plat en faisant ressortir le blanc.

Et puis il y a le bleu ... J’adore imaginer de beaux légumes colorés sur une céramique bleu océan, brillante, faite à la main.

Des carottes

Du vert

Quelques autres couleurs

Peut-être quelques fleurs par-dessus

L’assiette fait partie du plat 

Et cette obsession de la couleur va même un peu plus loin, lorsque je cuis certains légumes, j’aime interrompre leur cuisson en les plongeant immédiatement dans de l’eau très froide, avec des glaçons.

Ce choc thermique a notamment l’avantage de stopper rapidement la cuisson, et peut aider à préserver l’aspect et la couleur de certains légumes.

Moi, ce qui m’importe à cet instant, c’est précisément ça : je veux garder la couleur...


VERT

forcément « santé » ?

Celle-ci me paraissait logique.

Vert = santé.

Nous avons tellement associé le vert au végétal, au naturel, au frais, qu’il est presque devenu un langage en lui-même.

Brocolis, Épinards, Concombres, Courgettes, Avocats, Herbes fraîches.

Mais là encore, réduire toute cette diversité à « la chlorophylle est bonne pour nous » serait beaucoup trop simple.

Les légumes verts peuvent apporter des folates, des caroténoïdes et de nombreux autres composés et certaines familles racontent encore une autre histoire :

Les crucifères comme le brocoli, le chou ou le chou-fleur contiennent notamment des glucosinolates, dont les produits de transformation sont largement étudiés. Les résultats sont intéressants, mais la littérature scientifique souligne aussi la nécessité de poursuivre les études humaines à grande échelle. 

Autrement dit :

le vert n’est pas “la santé”.

Il peut cacher une multitude de composés différents.

Une même couleur, des histoires complètement différentes et chez moi, le vert possède même sa propre caisse.

Mon frigo est… rangé par couleurs

Oui, je sais.

Dit comme ça, cela peut sembler légèrement psychorigide.

Mais lorsque j’ouvre mon réfrigérateur, les couleurs sont déjà organisées.

Dans une caisse, je vais retrouver les brocolis, les citrons verts, les concombres, les courgettes.

Dans une autre, les tomates

Les grosses tomates en dessous

Les tomates cerises au-dessus

Et lorsqu’un autre légume de la même famille de couleurs arrive, il finit généralement par rejoindre les autres.

Les fromages sont regroupés.

Mes bouteilles en verre sont alignées : jus, smoothies, shots de fruits ou de légumes.

Et puis il y a un étage un peu différent, celui de ce qui va bientôt devenir un repas.

La viande ou le poisson achetés pour la semaine, des pâtes fraîches, les ingrédients prévus pour les prochains jours…

J’aime ouvrir mon réfrigérateur et savoir ce que j’ai devant moi.

Mais surtout, je n’aime pas les emballages.

Je n’aime pas voir les marques prendre visuellement la place des aliments. Alors je transvase beaucoup dans des pots en verre.

Lorsque quelque chose doit être emballé, je peux utiliser du papier cuisson, écrire directement dessus au marqueur ou ajouter un petit autocollant pour le fermer.

Ce n’est finalement pas seulement une question d’esthétique.

C’est ma façon d’aborder la cuisine : voir d’abord les aliments.

Et probablement aussi la conséquence de ma manière de faire mes courses.

J’essaie autant que possible d’acheter chez les maraîchers, les producteurs, dans les petites enseignes.

Les grandes surfaces occupent assez peu de place dans mes courses alimentaires.

Et lorsqu’on commence à regarder les produits de cette manière, quelque chose change.

On ne voit plus seulement « des légumes ».

On voit une couloir

Une forme

Une texture

Une saison

Et parfois…

une tomate cœur de bœuf suffisamment belle pour faire voler en éclats tout ce qu’on avait prévu de manger ce midi 

La tomate qui n’était pas prévue

Ça m’arrive presque chaque semaine au marché, je peux arriver avec une idée parfaitement précise de ce que je vais cuisiner et puis je vois une belle tomate cœur de bœuf...

C’est fini.

Elle n’était pas prévue, le déjeuner non plus ...

Mais il suffit d’attraper une mozzarella di bufala, un peu d’huile d’olive, de demander quelques feuilles de basilic au maraîcher…

Et finalement, en rentrant du marché, le brunch est déjà décidé.

Tout cela parce qu’une tomate était belle.

Je crois que manger avec les yeux, c’est aussi ça, accepter de se laisser détourner par un produit.

 

VIOLET & BLEU

alors, cette betterave ?

Il fallait bien que nous y revenions.

Betterave, Chou rouge, Myrtilles, Mûres, Raisin noir, Aubergine...

De nombreux végétaux rouges, bleus et violets doivent une partie de leur couleur aux anthocyanes.

Et cette fois, l’association vue dans la vidéo devient particulièrement intéressante.

Parce que les anthocyanes font réellement l’objet de recherches sur la cognition.

Une revue systématique de 2024 portant sur des essais contrôlés a rapporté des résultats positifs notamment pour certaines formes de mémoire, tout en observant des résultats plus variables concernant certains marqueurs vasculaires. Une méta-analyse publiée en 2025 a également retrouvé des améliorations dans plusieurs domaines cognitifs dans les essais étudiés. 

Alors…

violet = cerveau ?

Non.

Mais dire qu’il n’y a absolument rien derrière cette association serait également trop simple.

Et c’est précisément ce que je trouve beau, le raccourci était séduisant, la véritable explication l’est encore davantage.

Quant à la betterave…

Je crains de ne toujours pas l’aimer.

La science a ses limites.


 BLANC

 et quand la couleur disparaît presque ?

Ail, Oignon, Chou-fleur, Champignons, Fenouil

À côté d’une tomate rouge ou d’une myrtille violette, ils paraissent presque discrets.

Et pourtant, absence de couleur spectaculaire ne signifie absolument pas absence d’intérêt.

Le chou-fleur appartient lui aussi aux crucifères et contient des glucosinolates. L’ail et l’oignon possèdent quant à eux différents composés soufrés.

Même le blanc finit donc par casser notre petit classement.

Et c’est peut-être la meilleure démonstration de tout cet article :

nous ne pouvons pas juger ce que raconte un aliment uniquement à l’intensité de sa couleur.

 

Les voyages ont ajouté des couleurs à ce que je mange.

Cette phrase, je pourrais presque m’arrêter là, parce qu’il existe une autre façon de parler des couleurs de notre alimentation.

Celle que l’on rapporte d’ailleurs.

Sans les voyages, je n’aurais probablement jamais découvert de la même manière les currys verts, les currys rouges, certaines épices, certains mélanges.

J’ai découvert des saveurs, des textures.

Des associations auxquelles je n’aurais peut-être jamais pensé et aujourd’hui, tout cela voyage encore dans ma cuisine.

Je peux partir d’un plat marocain et laisser passer quelque part une petite inspiration balinaise.

Pas pour fusionner deux cuisines à tout prix, simplement parce que les deux souvenirs vivent désormais au même endroit.

Dans ma cuisine, il faut que ce soit harmonieux.

C’est probablement la seule règle qui m’importe vraiment, les voyages ont donc ajouté des couleurs à ce que je mange.

Mais ils ont aussi ajouté des odeurs, des épices, des textures, des gestes et des souvenirs.

Après tout…

les voyages transforment.

Même nos assiettes.

 

Et si notre intuition n’était pas complètement mauvaise ?

Finalement, je ne suis même pas déçue que le joli système « une couleur = un organe » ne fonctionne pas vraiment.

Je trouve la réalité plus intéressante.

Parce que nous aimons naturellement créer des correspondances.

Nous disons que nous en avons « plein le dos » lorsque quelque chose devient trop lourd à porter.

Nous parlons de notre « talon d’Achille » pour désigner une faiblesse.

Nous associons des images très simples à des réalités beaucoup plus complexes.

La cuisine fonctionne elle aussi énormément par associations.

Les couleurs

Les odeurs

Les températures

Les textures

Les souvenirs

Et parfois notre intuition nous conduit vers quelque chose que la science viendra ensuite préciser, nuancer… ou complètement contredire.

Ce n’est pas grave

Au contraire

C’est là que cela devient intéressant

 

Pourquoi raconter tout cela aujourd’hui ?

Parce qu’Explorer Notre Propre Nature n’a jamais voulu dire uniquement partir loin 

Explorer, c’est aussi regarder ce qui se trouve déjà devant nous ...

Nous pouvons nous émerveiller devant un phénomène marin, chercher pourquoi certaines vagues brillent la nuit, découvrir comment certains organismes utilisent la couleur, la lumière ou la chimie pour communiquer, attirer ou se défendre.

Et puis revenir dans notre cuisine

Regarder une tomate

Une carotte

Une myrtille

Un brocoli

Et poser exactement le même genre de question :

Pourquoi ?

Pourquoi cette couleur ?

D’où vient-elle ?

À quoi sert-elle à la plante ?

Et que devient-elle lorsque nous la mangeons ?

La cuisine mobilise presque tous nos sens

Nous regardons

Nous touchons

Nous sentons

Nous entendons parfois

Puis nous goûtons

Alors pour moi, comprendre ce qui se passe dans une assiette fait entièrement partie de cette exploration.

Alors, quelle est la meilleure couleur ?

Toutes.

Pas parce qu’il faudrait désormais transformer chaque repas en arc-en-ciel parfait.

Pas parce qu’une assiette beige serait devenue interdite.

Et certainement pas parce que chacune des couleurs aurait reçu la mission de prendre soin d’un organe précis.

L’intérêt de « manger en couleurs » est beaucoup plus simple : varier les couleurs peut être une manière très visuelle de nous encourager à varier les végétaux que nous mangeons, et donc les nutriments et composés auxquels notre alimentation nous expose.

La littérature scientifique consacrée au fameux eat the rainbow va justement dans ce sens : la couleur peut être un repère intéressant de diversité, mais certainement pas un système dans lequel chaque teinte posséderait sa fonction médicale attitrée.

Et puis il reste quelque chose dont nous n’avons presque pas parlé.

Le plaisir.

Quand je regarde une assiette pleine de couleurs, je suis heureuse

Je souris

J’ai envie de la savourer

De la déguster

Nous pouvons choisir de beaux produits

Respecter les saisons

Préserver leurs couleurs

Réfléchir à l’assiette sur laquelle nous allons les déposer

Ajouter quelques fleurs

Dresser quelque chose de magnifique

Mais il reste ensuite la dernière étape

Peut-être même la plus importante

S’asseoir

Regarder ce que l’on a préparé

Prendre le temps

Goûter

Partager, parfois

Et apprécier réellement ce qui se trouve devant nous

Parce qu’une assiette peut être parfaitement composée

Mais elle ne devient véritablement un repas qu’au moment où nous commençons à la vivre.


Et après avoir écrit cet article, je crois que je regarderai ses couleurs un peu différemment.

Pas comme une carte de notre corps.

Plutôt comme autant de petites portes d’entrée vers quelque chose que nous n’avons pas fini de comprendre.

Six couleurs ...Des milliers de nuances.

Et aucune ne raconte toute l’histoire. ♡

✈︎ MOANA SEA SOÛL
— Explorer Notre Propre Nature —

 

✎ NOTE — SCIENCE EN CUISINE

Les associations du type « rouge = cœur », « violet = cerveau » ou « orange = peau » sont des raccourcis et ne constituent pas des recommandations nutritionnelles.

La couleur d’un végétal peut notamment provenir de pigments ou être associée à différents composés bioactifs, mais un même aliment contient de très nombreuses substances. Leurs effets dépendent également de la quantité consommée, de l’alimentation dans son ensemble, de la préparation, de la biodisponibilité et de nombreux facteurs individuels.

Les recherches sur les anthocyanes ou les glucosinolates sont bien réelles, tout comme le rôle établi de la vitamine A dans la vision, mais elles ne permettent pas de transformer un arc-en-ciel alimentaire en carte médicale de notre organisme. 

Manger en couleurs reste donc ce que j’aime le plus dans cette histoire : une invitation à la diversité, à la curiosité et au plaisir.