Jeanne Barret : La Femme qui fit le tour du monde… sans que l’Histoire ne retienne vraiment son nom

Et si les plus grands explorateurs n’étaient pas toujours ceux dont on se souvient ?

Certaines personnes voyagent pour découvrir le monde, d’autres sont prêtes à tout risquer pour le comprendre, au XVIIIᵉ siècle, une femme décida qu’aucun interdit ne l’empêcherait d’explorer les plantes qui la fascinaient.

Pour embarquer sur un navire qui refusait les femmes à son bord…Elle se fit passer pour un homme, cette femme s’appelait

Jeanne Barret

Et pourtant… 

Très peu de personnes connaissent aujourd’hui son nom

Une femme que l’Histoire a presque oubliée…

Lorsque l’on évoque le premier tour du monde français, un nom revient presque toujours, celui de Louis-Antoine de Bougainville, mais beaucoup ignorent qu’à bord de son expédition se trouvait une femme, une femme qui n’aurait jamais dû être là, à cette époque, les femmes n’avaient tout simplement pas le droit d’embarquer sur les navires de la Marine royale.

Alors Jeanne Barret prit une décision extraordinaire !

Elle coupa ses cheveux.

Cacha son identité.

Et monta à bord sous l’apparence d’un homme.

Non pas pour défier le monde, mais parce que sa curiosité était plus forte que les interdits, je crois que c’est cela qui me touche le plus chez elle ...

Elle ne cherchait pas des territoires…

Elle cherchait des plantes, pendant que beaucoup regardaient les cartes, Jeanne Barret regardait le sol, les feuilles, les fleurs, les graines...Elle accompagnait le botaniste (et conjoint) Philibert Commerson, avec qui elle travaillait déjà depuis plusieurs années.

Officiellement,

c’était lui le savant.

Officiellement,

c’était lui qui faisait les découvertes.

Pourtant,

de nombreux historiens s’accordent aujourd’hui à reconnaître que Jeanne participa pleinement aux collectes botaniques réalisées pendant cette expédition, elle observait, classait, récoltait, transportait des milliers de spécimens, avec une rigueur qui force encore aujourd’hui le respect.

Une fleur devenue célèbre…

Mais pas son nom. 

Lors de cette expédition, une plante extraordinaire est observée dans le Pacifique ...

Aujourd’hui,

nous la connaissons tous.

Le bougainvillier.

Son nom rend hommage à Bougainville, pas à Jeanne Barret. Et pourtant…

Je ne peux pas m’empêcher de me demander ce qu’aurait été l’Histoire si les règles avaient été différente, combien de découvertes portent aujourd’hui le nom d’un homme, alors que derrière elles se cachait aussi le travail d’une femme ?

Nous ne le saurons probablement jamais, mais cette simple question mérite, je crois, d’être posée.

Tahiti…

L’île qui révéla son secret, lorsque l’expédition arrive à Tahiti, les habitants comprennent immédiatement ce que l’équipage ignore encore... Jeanne n’est pas un homme.

Ils la désignent comme une "VAHINÉ VAHINÉ ..."

Une femme.

J’aime profondément ce moment de son histoire.

Parce qu’il rappelle que certaines vérités ne peuvent rester cachées éternellement ...Et malgré cela…

Elle poursuit son voyage.

Avec la même détermination.

Le même courage.

La même discrétion.

 

Le courage n’est pas toujours spectaculaire…

Il est parfois silencieux, lorsque je pense à Jeanne Barret, je ne pense pas à une héroïne qui cherche la gloire. Je pense à une femme qui avance, qui travaille, qui apprend, qui observe, et qui ne laisse jamais les obstacles détourner son regard de ce qui la passionne.

Il existe un courage qui fait beaucoup de bruit, et un autre, plus discret. Celui qui consiste simplement à continuer, je crois que Jeanne appartenait à cette seconde catégorie.

Pourquoi son histoire me touche autant…

Je crois qu’il existe un peu de Jeanne Barret dans ma manière de voyager, lorsque je pars quelque part, je regarde les paysages, bien sûr. Mais je regarde aussi les plantes, les fleurs, les arbres, les petites choses que beaucoup ne remarquent plus ...

Chaque espèce raconte une histoire.

Chaque feuille.

Chaque parfum.

Chaque couleur.

Comme elle,

je crois profondément que la curiosité est l’une des plus belles façons de voyager, explorons-nous encore vraiment le monde ?

Aujourd’hui,

nous traversons la planète en quelques heures, nous pouvons visiter presque n’importe quel pays.

Pourtant

Voyageons-nous encore vraiment ?

Ou nous contentons-nous parfois de cocher des destinations sur une carte ? Jeanne Barret nous rappelle qu’explorer ne consiste pas seulement à aller loin.

Explorer,

c’est apprendre.

Observer.

Poser des questions.

Prendre le temps.

S’émerveiller.

Les fleurs racontent encore des histoires… j'ai parfois l’impression que nous regardons moins les fleurs qu’autrefois, nous les achetons, nous les offrons, nous les photographions.

Mais combien d’entre nous connaissent encore leur nom ?

Leur parfum ?

Leur histoire ?

Je trouve cela dommage, parce qu’une fleur n’est jamais seulement une fleur, elle nourrit des insectes, elle soigne parfois, elle inspire, elle raconte un climat, un territoire, une saison.

Peut-être avons-nous simplement oublié de les regarder.

Vraiment.

Finalement…

Jeanne Barret n’a pas seulement fait le tour du monde, elle nous laisse un héritage beaucoup plus précieux.

Elle nous rappelle que la curiosité mérite parfois que l’on sorte du chemin. Que certaines passions valent que l’on prenne des risques.

Et que l’Histoire oublie parfois celles et ceux qui ont pourtant changé notre regard sur le monde.

Je trouve beau qu’aujourd’hui, son nom retrouve peu à peu la place qu’il mérite...

Comme si le temps finissait toujours par rendre justice aux personnes qui n’avaient jamais cherché les projecteurs.

 

Pour conclure…

Si un enfant me demandait pourquoi Jeanne Barret est importante, je crois que je lui répondrais simplement ceci.

Parce qu'elle aimait tellement comprendre le monde,

qu’elle a refusé de laisser les interdits l’empêcher de l’explorer.

Et je crois que cette leçon n’a pas pris une seule ride.

Si, en refermant cet article, une seule personne décide de ralentir quelques instants devant une fleur…

D’apprendre son nom.

De s’intéresser à son histoire.

Ou simplement de la regarder autrement…

Alors Jeanne Barret continuera, elle aussi,

à faire voyager notre curiosité ...

Parce qu’au fond,

les plus grands explorateurs ne sont peut-être pas ceux qui vont le plus loin, mais ceux qui continuent de s’émerveiller devant ce que les autres finissent par ne plus voir.

 

Note personnelle

Les principaux éléments historiques évoqués dans cet article s’appuient sur les travaux consacrés à Jeanne Barret, première femme connue à avoir accompli un tour du monde, ainsi que sur les recherches menées autour de l’expédition de Bougainville et des collections botaniques de Philibert Commerson.

Au-delà de son incroyable voyage, c’est surtout sa curiosité qui m’inspire ...

Parce qu’elle nous rappelle que les plus belles découvertes ne commencent pas toujours au bout du monde…

Elles commencent souvent au moment où l’on décide de regarder un peu plus attentivement ce qui pousse juste devant nous.