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La vie sera mille fois plus belle

19 octobre, après-midi. Au détour d'un escalier en colimaçon, une œuvre m'attend. Je ne le sais pas encore, mais elle va me percuter en plein cœur.

Histoires racontées en pixels

Il y a des rencontres qui arrivent pile au bon moment. Ou au mauvais, selon comment on voit les choses. Au moment nécessaire, en tout cas. Celui où on en a besoin sans même le savoir.

Ce samedi 19 octobre, je visite le FRAC des Pays de la Loire avec mon groupe politique, Carquefou Autrement. C'est ma première fois dans ce lieu. Nous montons l'escalier en colimaçon. L'ambiance change à mesure qu'on s'élève. Quelque chose de palpable flotte dans l'air. Une puissance. Une intensité féminine.

Et puis, elle est là.

 

Le choc

Une femme. Monumentale. Plus grande que moi, plus grande que nature. Le poing levé. En tenue militaire des années 30. Le regard... Ce regard. Profond. Déterminé. Celui de quelqu'un qui en a traversé, des combats. Et qui est toujours debout.

Le dessin est en noir et blanc. Du fusain et du crayon, je crois. Des gris qui se fondent sur le blanc du papier, créant des contrastes saisissants. C'est puissant et doux à la fois. Brut et délicat. Comme la vie, au fond.

Je reste plantée là. Les frissons me parcourent. Ce n'est pas juste une émotion esthétique. C'est viscéral. C'est personnel. C'est maintenant.

Anna Picco : Dessiner la résistance

Derrière l'œuvre, il y a Anna Picco. Artiste dessinatrice installée à Nantes depuis 2020, elle était en résidence d'artiste au FRAC jusqu'en novembre. Son atelier éphémère nous accueille avec cette présence particulière des lieux où on crée vraiment.

Nous échangeons. Elle parle de son travail, de ce qui l'inspire. Ces femmes anarchistes espagnoles qui, durant la révolution sociale de 1936, ont mené un double combat : pour la révolution, et pour leur propre libération. Les Mujeres Libres.

Ces femmes ont tenu le pays pendant la guerre. Elles ont fait tourner l'économie. Elles se sont battues sur tous les fronts. Le poing levé, la détermination chevillée au corps, elles ont incarné une force ouvrière et féminine extraordinaire.

Anna Picco a passé trois mois en résidence à la Casa de Velázquez de Madrid, grâce à une bourse du département de Loire-Atlantique. Elle y a initié ce projet au long cours qui rend hommage à ces femmes. Leur puissance, leur courage, leur détermination... Tout cela vit dans ses dessins grand format.

Et moi, je suis là, devant cette femme au poing levé, et je comprends pourquoi ça me bouleverse autant.